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Quel équilibre pour faire du compost ? Matières, aération, déchets à éviter

Éloïse Chabert-Masson 8 min de lecture

Faire du compost consiste à transformer des déchets organiques de cuisine et de jardin en amendement naturel pour les plantes. La méthode est simple, mais elle repose sur trois réflexes : varier les matières, garder de l’air dans le mélange et éviter les déchets qui déséquilibrent ou attirent les nuisibles.

Comprendre ce qui se passe dans un compost

Le compostage est un processus naturel de décomposition. Des bactéries, des champignons, des vers de terre et d’autres petits animaux transforment progressivement les biodéchets en une matière brune, friable, proche d’un terreau riche. Ce compost ne remplace pas un engrais : il améliore la structure du sol, nourrit la vie souterraine et aide la terre à mieux retenir l’eau et les nutriments.

Illustration de comment faire du compost avec alternance des matières et compost mûr
Illustration de comment faire du compost avec alternance des matières et compost mûr

L’intérêt est aussi très concret côté poubelle. Selon STIGA citant les études ADEME, chaque ménage français produit 580 kilos de déchets par an, avec une baisse de seulement -3% en 10 ans. Un tiers de ces déchets sont des biodéchets. Les composter permet donc de détourner une part importante des épluchures, restes végétaux et déchets de jardin des ordures ménagères.

Le tri à la source des biodéchets s’inscrit aussi dans un mouvement réglementaire plus large : la loi de transition énergétique pour une croissance verte prévoit une obligation de tri à la source des biodéchets au niveau des collectivités d’ici 2025. À l’échelle d’un foyer, le compost reste l’une des réponses les plus accessibles, que l’on vive avec un jardin, une cour ou un espace réduit.

Choisir la bonne solution selon son logement

Il n’est pas obligatoire d’acheter un composteur pour commencer. Le bon choix dépend surtout de l’espace disponible, de la quantité de déchets produits et du niveau d’entretien que vous acceptez. Un tas au jardin, un composteur de jardin ou un lombricomposteur ne demandent pas exactement les mêmes gestes.

Guide pratique : Réussir son compost et bien l’utiliser — Découvrez toutes les étapes clés et les conseils de l’ADEME pour créer un compost de qualité et valoriser vos déchets organiques au quotidien.

Solution Pour qui ? Entretien À retenir
Tas au jardin Jardin avec espace disponible Brassage régulier, surveillance de l’humidité Simple, économique, sans matériel spécifique
Composteur de jardin Jardin moyen ou petit espace extérieur Ajouts équilibrés et aération Plus propre visuellement, limite la dispersion
Composteur d’appartement Cuisine, balcon, logement urbain Gestion attentive des apports Utile si l’on veut trier ses déchets sans jardin
Lombricompostage Appartement ou foyer sans extérieur Les vers font une grande partie du travail Ceercle présente le procédé comme environ 4 fois plus rapide
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Où placer son compost dans un jardin ?

Dans un jardin, choisissez un emplacement facile d’accès, ni trop loin de la cuisine, ni collé à une zone de passage. Le MNHN recommande de l’installer de préférence à l’ombre. Cela limite les excès de chaleur et le dessèchement, deux facteurs qui ralentissent la décomposition. Si vous compostez en tas, prévoyez une zone assez grande pour alterner les couches et manipuler la matière avec une fourche.

Peut-on composter en appartement ?

Oui, à condition d’utiliser une solution adaptée. Le composteur d’appartement et le lombricomposteur conviennent mieux qu’un simple bac fermé, car ils organisent la circulation de l’air et la transformation des déchets. Ceercle indique que ses composteurs d’appartement peuvent composter les déchets d’un foyer de 4 personnes. Le lombricompostage, lui, utilise des vers de compost et est présenté par Ceercle comme ne nécessitant ni humidification ni retournement.

Les déchets à mettre, à limiter et à éviter

Un bon compost se nourrit de diversité. L’erreur la plus fréquente consiste à ajouter beaucoup d’épluchures humides sans matière sèche. Le mélange devient alors compact, manque d’air et peut sentir mauvais. À l’inverse, trop de feuilles mortes ou de carton ralentissent la décomposition. Le bon réflexe est d’alterner matières humides et matières sèches, sans chercher la perfection au gramme près.

À composter facilement À composter avec précaution À éviter
Épluchures de fruits et légumes, marc de café, thé, filtres à café Pain en petites quantités, coquilles d’œufs écrasées Viande, poissons, crustacés
Fleurs fanées, feuilles, herbe coupée, tontes de pelouse Restes de repas selon leur nature et en petite quantité Produits laitiers, déchets alimentaires à risque sanitaire
Feuilles mortes, brindilles, branches fines, bois de taille broyé Agrumes et ail, à limiter si votre compost est petit ou fragile Végétaux malades ou traités, plantes en graines
Carton brun non plastifié, papier non imprimé, foin, bois sec Déchets ligneux, seulement broyés ou coupés Matières grasses et restes très odorants

Pourquoi couper ou broyer certains déchets ?

Les branches, tailles d’arbustes, déchets ligneux et éléments durs se décomposent lentement lorsqu’ils sont déposés entiers. Les couper ou les broyer augmente leur surface de contact avec les micro-organismes. Le compost travaille alors plus régulièrement, sans gros morceaux secs qui restent intacts au milieu du tas. Ce geste simple accélère aussi l’intégration des matières les plus fibreuses.

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Le cas des restes alimentaires

Les restes de préparation de repas et les produits périmés non consommés entrent dans la définition des biodéchets citée par STIGA. Mais tous ne sont pas adaptés au compost domestique. STIGA précise que certains déchets alimentaires doivent être traités par des professionnels pour éviter tout risque sanitaire, notamment via des filières adaptées comme le compostage professionnel ou la méthanisation. À la maison, mieux vaut rester prudent avec les aliments cuits, gras, carnés ou lactés.

La méthode simple pour démarrer et entretenir

Le compost n’a pas besoin d’être parfait dès le premier jour. Il doit surtout rester vivant : un peu humide, jamais détrempé, suffisamment aéré et nourri avec des apports variés. L’objectif est d’obtenir un mélange stable, facile à retourner et agréable à gérer au quotidien.

  1. Installez votre tas ou composteur dans un endroit accessible, si possible à l’ombre.
  2. Déposez une première couche de matières sèches : feuilles mortes, carton brun, brindilles ou bois sec.
  3. Ajoutez vos déchets humides : épluchures, marc de café, thé, fleurs fanées ou herbe coupée.
  4. Alternez ensuite les apports humides et secs à chaque passage.
  5. Coupez ou broyez les matières trop volumineuses.
  6. Aérez régulièrement pour permettre à l’air de pénétrer dans toutes les couches.
  7. Surveillez l’humidité : le compost doit être humide comme une éponge essorée.

Quelle proportion entre matières humides et sèches ?

Deux repères pratiques existent. Le MNHN mentionne une proportion possible de 2/3 de matières humides pour 1/3 de matières sèches. Ceercle recommande plutôt un mélange 50/50 entre déchets verts et déchets bruns. En pratique, ces deux règles servent le même objectif : éviter les excès. Si votre compost sent fort ou devient pâteux, ajoutez des matières sèches. S’il reste froid, sec et ne se transforme pas, ajoutez des matières humides et mélangez.

Faut-il retourner son compost ?

Oui, sauf dans certaines solutions de lombricompostage où les vers assurent une partie du travail. Pour un tas ou un composteur de jardin, le MNHN recommande de retourner le compost une fois par mois avec une fourche. Ce geste apporte de l’oxygène, mélange les zones sèches et humides, et relance l’activité des micro-organismes. Il n’est pas nécessaire de tout bouleverser chaque semaine : mieux vaut un brassage régulier qu’un entretien excessif.

Un compost efficace améliore la terre de façon très concrète. Les racines trouvent plus facilement leur place dans un sol aéré, et l’eau y circule mieux. En apportant du compost mûr, vous améliorez donc la porosité du sol, sa capacité à retenir l’humidité et la présence d’organismes utiles autour du chevelu racinaire. Le résultat se voit surtout à l’usage : un sol plus souple, plus vivant et plus facile à travailler.

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Éviter les erreurs qui gâchent un compost

La plupart des problèmes viennent d’un déséquilibre facile à corriger. Une mauvaise odeur indique souvent un excès de matières humides, de restes alimentaires inadaptés ou un manque d’aération. Ajoutez du carton brun, des feuilles mortes ou du bois broyé, puis mélangez avec une fourche. L’air doit pouvoir circuler entre les couches.

Si le compost attire les moucherons, couvrez les épluchures fraîches avec une couche de matières sèches. Évitez aussi de laisser des fruits très mûrs en surface. Si le compost ne se décompose pas, il manque peut-être d’humidité, d’azote ou de diversité : ajoutez un peu d’herbe coupée, d’épluchures ou de marc de café, puis aérez. Un compost qui fonctionne reste souple, équilibré et progressif.

Enfin, ne cherchez pas à accélérer le processus en ajoutant n’importe quoi. Les végétaux malades, les plantes en graines, les produits laitiers, la viande ou le poisson peuvent créer des odeurs, attirer des animaux ou contaminer le mélange. Un compost réussi repose sur des apports simples, réguliers et cohérents. C’est ce rythme qui permet d’obtenir une matière utile pour le jardin, le potager ou le pied des fleurs.

Une fois obtenu, utilisez-le au jardin, au potager, au pied des fleurs ou pour enrichir la terre des plantes. Le compost est un fertilisant 100% naturel selon Gamm Vert, mais son rôle dépasse l’apport nutritif : il participe au jardinage naturel, à la fertilité des sols et à la valorisation locale des déchets organiques.

Éloïse Chabert-Masson
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